Sous la direction d’Henry Périer ; Mars 2004 ; ISBN : 2 -911939 - 48 - 4 ; 48 euros
La tradition artistique chinoise – encre et papier – s’est faite jusqu’ici autour de la nature. Il en a été ainsi pendant des millénaires. Or, depuis la fin du XXe siècle, les artistes chinois se sont attaqués à un thème peu représenté dans toute leur histoire, alors qu’il est omniprésent chez nous : le corps et le nu. En effet, bien qu’en Chine, les techniques de maîtrise du corps soient inscrites dans la tradition taoïste dès le IIe siècle avant notre ère, le corps nu était resté ignoré des artistes. Mais le développement récent et spectaculaire de l’économie ouvrant les portes de la société d’abondance, le corps ressurgit de toutes parts, dans tous les compartiments de l’art, avec la violence de l’urgence du jouir, imposé par la société de consommation. Si cette explosion aujourd’hui d’une esthétique enfin contemporaine reprend toutes les voies créatrices explorées par l’art occidental et les porte parfois au paroxysme, cela ne relève pas tant d’une cynique surenchère de l’image que d’une configuration particulière : l’enjeu de l’image aujourd’hui dans l’art contemporain en Chine est d’abolir le corps omniprésent, le modèle imposé d’une matière humaine nécessairement et insupportablement sévère, de Bouddha le bienheureux au vénéré Mao.
Le Peuple du maïs
et des orages d’été (Voie de
la Grêle) : cette aquarelle a été
réalisée en 1939 par Franc Newcomb,
à partir d’une peinture de sable du
grand homme-médecine Navajo, Hosteen Klah