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Sylvie
Crossman est ancienne élève de l'École
Normale Supérieure, diplômée en littérature
et civilisation anglo-américaine. Après
avoir enseigné à l'Université de
Californie (San Diego et Los Angeles), elle a été
correspondante du journal Le Monde, à Los Angeles
(où elle rencontre régulièrement
Henry Miller), puis à Sydney, en Australie.
Jean-Pierre Barou, ingénieur
de formation, diplômé de l'École nationale
supérieure des arts et métiers de Strasbourg,
a été co-fondateur du journal Libération,
puis membre du comité éditorial des Éditions
du Seuil et, à ce titre, l'éditeur notamment
du philosophe Vladimir Jankélévitch et du
dissident soviétique et Prix Nobel, Andréi
Sakharov.
Nos vies d’abord nous
ont poussés vers ces sociétés indigènes
: Sylvie Crossman a grandi à Raiatéa, l’île
sacrée de Polynésie d’où sont
parties les grandes migrations à travers l’Océan
Pacifique. Jean-Pierre Barou, lui, a eu pour professeur
de philosophie, Georges Limbour, un surréaliste
de la première heure, qui l'a introduit très
jeune auprès de ses amis, tous grands amateurs
« d’art primitif » : le poète
et ethnologue Michel Leiris, les peintres André
Masson – le premier à pratiquer le dessin
automatique – et Jean Dubuffet.
De l’Australie aborigène
aux Indiens Navajo du Sud-Ouest américain en passant
par le Tibet de l’exil et les Inuit du Grand Nord
canadien, un long voyage commence, guidé par des
peintures : ambassades éphémères
d’ocre et d’argile ; peintures « médicinales
» en roches broyées ; mandalas de médecine
en poudres colorées ; sculptures chamaniques en
os de baleine…
Nous en témoignerons
à travers plus de dix expositions à ce jour
dont une trilogie à l’Établissement
public du parc et de la grande halle de La Villette, à
Paris : Tibet, la Roue du temps: pratique du mandala (1995);
Peintures de sable des Indiens Navajo: la Voie de la Beauté
(1996) et Peintres aborigènes d'Australie (1997/1998)
; mais aussi à Montpellier (Les Couleurs de l’Himalaya,
1993) ; Strasbourg (Les Formes du vide, 1996) ; Nice,
Musée Matisse (Le Bleu Tibet, 2000) ; à
Limoges, Galerie des Hospices (Hozho, Peintures de guérison
des Indiens Navajo, 2002).
En 1996, pour prolonger
ce travail, nous fondons Indigène éditions.
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